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mardi 17 décembre 2019

Equation différentielle linéaire d'ordre 1 - partie 1


Tout d'abord il faut faire attention lors du travail de mémorisation de ne pas tromper de signe. Suivant les auteurs on se ramène à $y'+a(x)y=0$ ou à  $y'=b(x)y$. Cela donne comme solution $y= c e^{-\int a(x)dx}$ et $y= c e^{\int b(x)dx}$ avec $c\in\mathbb{R}$.

Ensuite on voit que si on choisit une primitive différente, cela change la valeur du $c$. Cela n'a donc pas d'impact sur la solution de l'équation différentielle.




On commence facile. Ici on a une condition initiale. Elle permet de déterminer la constante de façon unique.

On trace $x\mapsto ce^{-x}$ et l'on fait varier la constante de -5 à 5. On voit ici que le choix d'un $c$ détermine de façon unique la valeur de la fonction en $0$ et vice versa. Plus généralement le théorème de Cauchy-Lipschitz montre que cette correspondance est une bijection. De plus, les courbes $x\mapsto ce^{-x}$ et $x\mapsto c'e^{-x}$ se coupent si et seulement si $c=c'$.





Ici pour se ramener à la forme du cours, on élimine le $2$ qui est devant le $y'$.




On passe maintenant à une équation avec second membre que l'on note $(E)$. 

On commence par l'étude de l'équation sans second membre $(ESSM)$ que l'on appelle aussi équation homogène $(EH)$. On la résout.  

On cherche ensuite une solution particulière de $(E)$. Ici la fonction constante $3$ est solution évidente. 

La solution générale de $(E)$ est donnée par la solution particulière de $(E)$ + la solution générale de $(ESSM)$.




On peut se demander comment on aurait pu trouver le $3$. Une règle (de type cuisine) est que si le second membre est un polynôme alors on cherche un polynôme comme solution particulière. On teste alors les polynômes de degré $0$, puis de degré $1$ si cela ne marche pas, puis $2$...




On met cela en pratique. Ici la solution particulière est une constante encore.




On passe à autre exemple. On divise par $x$ car il est devant le $y'$. Attention en faisant cela on se "condamne" à résoudre pour $x>0$ ou $x<0$. La solution de l'équation homogène est $y_H(x)= c|x|$. Ici il faut fair très attention. Il n'y a pas un seul $c$ mais deux : $c_+$ et $c_-$, un pour $x<0$ et un pour $x>0$. Par exemple, avec un certain choix on voit que $x\mapsto x$ est solution sur $\mathbb{R}^*$ et que $x\mapsto |x|$ aussi. 

Pour rendre le choix du $c$ unique, on faire un recollement et chercher une solution de classe $C^1$ sur $\mathbb{R}$. Cela est possible ici si $c_+= -c_-$. En d'autres termes $x\mapsto cx$, avec $c\in \mathbb{R}$ est l'ensemble des solutions de classe $C^1$ de $(E)$ dans $\mathbb{R}$. 
    
On passe ensuite à la solution particulière. On voit rapidement que l'on n'a pas de solution avec des polynôme de degré inférieur à $2$. On essaye un de degré $3$. En procédant pas identification on obtient $y_p(x)= \frac{1}{2} x^3$. 

La solution générale de $(E)$ est de nouveau de la forme solution particulière de $(E)$ + solution générale de l'équation sans second membre.

lundi 11 mars 2019

Sur les équations différentielles d'ordre 1

Soit $a\in C^0(I)$ où $I$ est un intervalle ouvert, non vide. On pose
\[(E)\quad\quad  y' (x) + a(x) y(x) =0.\]
Les solutions réelles de $(E)$ sont alors données par
\[S=\{x\mapsto c e^{-A(x)}, \text{ avec } c\in \mathbb{R} \}\]
et où $A$ est une primitive de $a$ sur $I$.

Pour le démontrer, on prend $y$ une solution de $(E)$ et on pose $g(x)= y(x) e^{A(x)}$. On a :
\[g'(x)= y'(x)e^{A(x)} + y(x) a(x)e^{A(x)}= 0.\]
Donc $g$ est constante sur l'intervalle $I$. Donc il existe $c\in \mathbb{R}$ tel que $g(x)=c$. Cela implique que $y(x)e^{A(x)}= c$ et donc $y(x) = ce^{-A(x)}$. On obtient donc :
\[S\subset\{x\mapsto c e^{-A(x)}, \text{ avec } c\in \mathbb{R} \}.\]

On fait maintenant l'inclusion inverse. On pose $c\in \mathbb{R}$ et on pose $Y(x):= c e^{-A(x)}$.
On a :
\[Y'(x) + a(x) Y(x) = - a(x)c e^{-A(x)} + a(x) c e^{-A(x)}=0.\]
Donc $Y\in S$. Ce qui donne l'autre inclusion et démontre bien le théorème.

Commentaires :

  1. Ici on résout sur $\mathbb{R}$ mais on pourrait résoudre sur $\mathbb{C}$. Il suffit de remplacer $\mathbb{R}$ par $\mathbb{C}$ partout. 
  2. Ici la constante dépend de $I$!! Si on résout une équation différentielle sur l'union de deux intervalles disjoints alors on a deux constantes !

On retrouve souvent sur les copies la preuve suivante :

\begin{align*}
\frac{y'(x)}{y(x)}&= -a(x)
\\
\ln(y(x)) &= -A(x) +k, \text{ avec } k\in \mathbb{R}
\\
y (x)&= e^{-A(x)+ k} = \underbrace{e^{k}}_{cste} e^{-A(x)}.
\end{align*}
Et cela conclue en disant : donc l'ensemble des solutions de $(E)$ est donné par $\{x\mapsto c e^{-A(x)}, c\in \mathbb{R}\}$.

Il y a beaucoup de fautes dans cette preuve malheureusement :

  1. $y(x)$ pourrait s'annuler a priori.
  2. Il faudrait mettre $\ln(|y(x)|)$ à la deuxième ligne.
  3. La constante $c:=e^{k} >0$ et on conclue avec $c\in \mathbb{R}$. 

Une preuve rigoureuse de cette approche demande plus de précautions.

On commence par remarquer que
I) S'il existe $x_0\in I$ tel que $y(x_0)=0$ alors, le problème $(E)$ avec condition initiale $y(x_0)=0$ ayant une solution unique (par Cauchy-Lipshitz... qui n'est pas du programme du CAPES) et comme $y(x)=0$ est solution triviale alors c'est l'unique solution. En d'autres termes, si la solution s'annule en un point, elle est nulle.

II) On peut donc supposer que $y$ est de signe constante et ne s'annule pas sur $I$. Supposons que $y(x)>0$ sur $I$. On a alors le reste de la démonstration qui donne qu'il existe $c>0$ tel que
$y(x)= ce^{-A(x)}$.

Maintenant si $y(x)<0$ sur $I$, On a
\begin{align*}
\frac{y'(x)}{y(x)}&= -a(x)
\\
\ln(-y(x)) &= -A(x) +k, \text{ avec } k\in \mathbb{R}
\\
-y (x)&= e^{-A(x)+ k} = \underbrace{e^{k}}_{cste} e^{-A(x)}.
\end{align*}
et donc qu'il existe $c>0$ tel que $y(x)= -ce^{-A(x)}$.

III) Si on combine les trois cas on voit que si $y$ est solution alors on a qu'il existe $c\in \mathbb{R}$ tel que
$y(x)= ce^{-A(x)}$.


samedi 9 mars 2019

Sur le raccordement des solutions d'équation différentielles


On commence par des rappels





Attention : Ici la constante $c$ dans la première partie dépend de l'intervalle sur lequel on résout !




On met en place la méthode par "devinette" pour deviner la solution particulière.




On met maintenant en place la solution avec variation de la constante.




L'échauffement étant terminé on cherche à résoudre une équation qui contient un terme à côté du $y'$. Pour se ramener au cas précédent on divise par ce terme. Comme on n'a pas le droit de diviser par $0$, cela brise l'intervalle de résolution en deux parties. On résout donc sur les deux intervalles de façon indépendantes !! 




Au passage, on n'oublie pas la petite valeur absolue dans le $\ln$ quand on intègre du $1/x$...







Chaque intervalle a sa propre constante. La question est donc de savoir s'il existe des constantes qui permettent d'écrire une solution qui soit de classe $C^1(\mathbb{R})$. 




On regarde premier lieu si les solutions des deux intervalles se prolongent par continuité en $1$. Ici la division euclidienne intervient pour lever l'indétermination de la limite. 




Une seule constante à droite et une seule à gauche permet un prolongement par continuité. Si une solution existe sur $\mathbb{R}$ alors c'est avec ces constantes. 




Il reste à voir la réciproque : est-ce que ce candidat est bien solution du problème initiale. La réponse est positive ici. 



Plus d'exercices sur les équations différentielles ici !