jeudi 29 mars 2018

Calcul d'intégrale


Voici un site très complet qui brasse très largement les techniques de base (l'intégration par parties, le changement de variable, la méthode par identification, la décomposition en éléments simples, la linéarisation et ses alternatives...)

Pour une vision complète de l'intégration de fraction rationnelle, on pourra se référer à ce site.

Voici quelques exercices corrigés pour la décomposition en élément simple.






























Les formules trigonométriques et la forme exponentielle des nombres complexes

Au collège on définit les cosinus et sinus avec des rapports d'angles. Au lycée, on démontre les formules trigonométriques avec l'aide de la géométrie, voir Wikiversity. En terminal, on démontre la formule
\[e^{i(a+b)}= e^{ia}e^{ib}\]
avec $a,b\in \mathbb{R}$ en utilisant le fait que
\[e^{ia}= \cos(a)+ i \sin(b).\]

La vision universitaire est de tout d'abord démontrer les propriétés de la série entière exponentielle en particulier la formule de multiplication et de poser

\[\cos(a) = Re(e^{ia}) \mbox{ et } \sin(a) = Im(e^{ia}).\]

De là on peut en déduire les formules trigonométriques classiques.

Du point de vue du concours, seule la première vision est importante mais la deuxième vision permet de retrouver rapidement les formule de type $\cos(a+b)$ qui sont si rapidement oubliée...







Il est aussi important de connaître les formules de type $\cos(a)+\cos(b)$ et $\sin(a)+\sin(b)$. Voilà deux méthodes pour les retrouver facilement.


Technique de l'angle moitié









lundi 26 mars 2018

Sur les équivalents

Ce point est valable pour les équivalents de suites ou de fonctions en un réel ou bien à l'infini. Pour simplifier la présentation, on prendra le cas de fonctions $f:[1,\infty[ \to \mathbb{R}$ et $g:[1,\infty[ \to \mathbb{R}$.

On trouve le plus souvent :

Définition 1 : On suppose qu'il existe $a\geq 1$ tel que $g(x)\neq  0$ pour tout $x\geq a$. Si $\lim_{x\to \infty} \frac{f(x)}{g(x)}=1$. On dit alors que $f$ est équivalent à $g$ en $+\infty$. On note cela par exemple par $f(x)\sim_{x\to + \infty} g(x)$ ou par $f\sim_{+\infty} g$.

Cette définition est correcte pourvu que l'on suppose que $g(x)\neq 0$ pour $x$ assez grand (pour pouvoir diviser !). Ce n'est pas toujours le cas. Il existe une définition plus générale.

Définition 2 : S'il existe $a\geq 1$ et $l:[a, \infty[\to \mathbb{R}$ tel que $\lim_{x\to \infty} l(x)=1$ et tel que  $f(x)= l(x)g(x)$ pour tout $x\geq a$, on dit alors que $f$ est équivalent à $g$ en $+\infty$. On note cela par exemple par $f(x)\sim_{x\to + \infty} g(x)$ ou par $f\sim_{+\infty} g$.

Propriété 1 : On remarque que l'équivalence sur l'ensemble des fonctions $[1,\infty[ \to \mathbb{R}$ est une relation d'équivalence. On a donc, pour tout $f,g,h : [1,\infty[ \to \mathbb{R}$


  1. On a $f\sim_{+\infty}f$
  2. Si $f\sim_{+\infty} g$ alors $g\sim_{+\infty} f$,
  3. Si $f\sim_{+\infty} g$ et $g\sim_{+\infty} h$ alors $f\sim_{+\infty} h$.

Propriété 2  Si $h:[1,\infty[\to \mathbb{R}$ et si $f \sim_{+\infty} g$ alors $(f\times h) \sim_{+\infty} (g \times h)$. En effet, avec $l$ et $a$ de la définition 2,
\[ f \sim_{+\infty} g \Leftrightarrow f(x) = l(x)\times g(x), \forall  x\geq a\]
\[  \implies h(x)f(x) = l(x)\times h(x)g(x), \forall  x\geq 1 \Leftrightarrow (f\times h) \sim_{+\infty} (g\times h)\]

Nous allons maintenant lister un nombre de pièges.

Piège 1 : On se place dans le cadre de la définition 2. On suppose que $f\sim_{+\infty} 0$. Donc il existe $a\geq 1$ et $h:[a,\infty[\to \mathbb{R}$ qui tend vers $1$ tel que $f(x)= 0 \times h(x)$ pour tout $x\geq a$. Donc $f(x)=0$ pour tout $x\geq a$.

Piège 2 : On additionne pas les équivalents (ou alors il faut savoir ce qu'on fait...). En effet, soit $f(x)=1$ et $g(x)= 1+1/x$ pour tout $x\geq 1$.
\[f\sim_{+\infty} g \implies (f-g)\sim_{+\infty}(g-g) \implies (f-g) \sim_{+\infty} 0\]
et donc $(f-g)(x) =0$ pour $x$ assez grand par le piège 1 ! Cela est faut car $1/x \neq 0$ pour tout $x\geq 1$.

Piège 3 : On compose pas les équivalents (ou alors il faut savoir ce qu'on fait...). On trouve parfois la rédaction suivante sur les copies. Soit $m:\mathbb{R}\to \mathbb{R}$ continue alors
\[f\sim_{+\infty} g \implies m(f)\sim_{+\infty} m(g).\]
Cet argument est faux ! On le voit par exemple en prenant $m(x)=\exp(x)$. On a alors
\[m(f)\sim_{+\infty} m(g) \Leftrightarrow \lim_{x\to \infty} \frac{\exp(f(x))}{\exp(g(x))}=1\]
\[\Leftrightarrow \lim_{x\to \infty}\exp(f(x)-g(x))=1 \Leftrightarrow  \lim_{x\to \infty}f(x)-g(x)=0\]

En prenant $f(x)=x$ et $g(x)=x+1$ on a un contre-exemple.

Pour terminer, voici quelques liens :







mercredi 28 février 2018

Sur l'argument principal

On pointe un piège important sur le sujet des arguments. On a
$e^{ia}e^{ib}= e^{i(a+b)}$. 
Cela implique que l'argument d'un produit est la somme des arguments, c'est-à-dire :
$\arg(ab)= \arg(a)+\arg(b) \mod (2 \pi)$
autrement dit
$\arg(ab)= \arg(a)+\arg(b) +2 k\pi,$
où $k\in \mathbb{Z}$. Attention l'argument n'est pas un réel mais une classe d'équivalence modulo $2\pi$. Il est abusif (bien que très courant) de dire que l'argument de $e^{i\pi/4}$ est $\pi/4$. Il convient de dire que l'argument est $\pi/4$ modulo $2\pi$.

Pour se simplifier la vie (vraiment ?) on introduit alors l'argument principal : $\arg_p(a)$ est l'unique $\arg(a)$ qui appartient à $]-\pi, \pi]$. On est alors content d'avoir un réel et non plus une classe d'équivalence mais cependant on perd une propriété fondamental : en général, l'égalité
$\arg_p(ab)= \arg_p(a)+\arg_p(b)$
est fausse. 

Cette faute est malheureusement commune et est létale à l'oral du concours.

Comme contre exemple, on a : 
$0=\arg_p(2\pi)\neq \arg_p(\pi)+\arg_p(\pi)= 2\pi.$

Sur les nombres complexes - premier balayage

Des rappels rapides sont disponibles ici. Les exercices de bases à maîtriser sont

  • forme algébrique d'une somme, d'un produit et surtout d'un quotient (important : on multiplie par le conjugué du dénominateur en haut et en bas)
  • forme polaire/exponentielle d'un nombre complexe, d'un produit et d'un quotient (important : pour les deux derniers il est souvent vital de traiter chaque élément du produit ou du quotient séparément et de conclure avec la formule de Moivre)
  • résolution d'équations d'ordre 2 à coefficients réels (voir ici pour des applications)
La résolution d'équation d'ordre 2 est importante dans les oraux pour la résolution d'équation linéaire d'ordre deux, e.g. ici et là, et aussi les équations différentielles ordinaire d'ordre 2 (circuit RLC...).

Pour les circuits électriques : 
  • Pour les plus "physiciens", on trouve cela.
  • Peut-être plus simple d'approche mais aussi plus variée on trouve ceci (section 3).

Dans un deuxième temps il convient de maîtriser :
  • racine $n$-ième de l'unité / d'un nombre complexe (des exemples, un oral)
  • racine carré d'un nombre complexe (méthode par le forme algébrique ET méthode par la forme exponentielle) (voir ici dans la dernière section pour la forme algébrique)
  • résolution d'équations d'ordre 2 à coefficients complexes. (voir ici dans la dernière section)


lundi 5 février 2018

Construction à la règle et au compas (mais aussi au rapporteur !)

Pas besoin de théorie de Galois pour le coup !





Des points perdus bêtement

Perdre des points quand on sait faire le calcul mais pas rédiger est parfois frustrant. Il convient alors d'apprendre à rédiger correctement. Voici quelques "mauvaises" rédactions. Ce recueil n'a rien d'exhaustif malheureusement...

Conseil 1 : quand on voit dit d'apprendre un résultat par coeur, il faut le faire ou savoir le refaire très rapidement. Non il ne faut pas croire qu'on vous redonnera la formule de Taylor avec reste intégral juste pour être sympa.

Conseil 2 : Sur cette copie on accumule les points négatifs d'une façon clairement évitable.



a) Une primitive de $\frac{f'}{f}$ n'est pas $\ln (f)$ mais $\ln(|f|)$. Pour vous en convaincre essayer de calculer $\int_{-2}^{-1} \frac{1}{x} dx$.

b) Avant de faire un calcul de dérivation, il faut d'abord justifier que la dérivée existe (sinon on n'a pas le droit d'utiliser les formules !), la phrase type est souvent $f$ est le quotient de deux fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule pas.

c) La dérivée de $\sin$ est $\cos$ mais la dérivée de $\sin(x)$ est $0$ [car c'est une constante !] par contre $(\sin)'(x)=\cos(x)$.

Conseil 3 : Apprenez à utiliser correctement les théorèmes (vous devez vérifier les hypothèses et/ou les rappeler)





On rappelle donc les principaux théorèmes pour les fonctions réciproques : Soit $I$ un intervalle ouvert de $\mathbb(R)$ et $f:I\to \mathbb{R}$ une fonction bijective. Soit $J:=f(I)$ l'image de $I$ par $f$. Pour les preuves on pourra regarder le cours suivant.

a) Si $f$ est continue alors $J$ est un intervalle (théorème des valeurs intermédiaires)

b) Si $f$ est continue strictement [dé]croissante alors la fonction $f^{-1}:J \to I$, qui est définie pour tout $y\in J$ par $f^{-1}(y)$ est l'unique $x\in I$ tel que $f(x)=y$, est une fonction continue strictement [dé]croissante. (théorème d'homéomorphisme)

c) Si $f$ est dérivable strictement [dé]croissante dont la dérivée ne s'annule pas, alors la fonction $f^{-1}:J \to I$ est une fonction continue strictement [dé]croissante dont la dérivée ne s'annule pas. De plus, on a : $(f^{-1})'(f(x))= \frac{1}{f'(x)}$.